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Sallertaine,Le 11 juin 2003
Monsieur Le Premier Ministre
Secrétariat Général du Gouvernement
Hôtel Matignon
57, rue de Varenne
75007 PARIS
LETTRE OUVERTE
Monsieur Le Premier Ministre,
Monsieur Le Premier Ministre nous vous écrivons cette lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps...
Le 10 avril 2003, vous nous avez fait savoir en réponse au courrier que nous vous avions fait parvenir par notre Député Monsieur Préel, que vous demandiez à Monsieur Le Préfet de la Vendée un examen attentif de notre dossier. Nous avons de suite fait une demande de rendez-vous avec celui-ci afin de lui présenter les tenants et les aboutissants de notre affaire pour qu'il puisse se faire une opinion juste. Une fois de plus nous nous retrouvons face à un mur de silence.
En le rencontrant nous aurions voulu lui dire qu'en 1992 lorsque le Crédit Lyonnais a renié ses engagements, que nous nous avions respectés, notre entreprise était saine et prospère. La comptabilité est là pour en témoigner. Cette renonciation ne pouvait avoir comme origine qu'un problème relationnel. Voulant comprendre une telle attitude, nous nous sommes aperçus que celle-ci était voulue, voir ordonnée. Les nombreux courriers adressés aussi bien à l'Elysée qu'à Matignon et à l'Assemblée Nationale vous permettrons de comprendre cet état de fait.
Nous aurions voulu lui exprimer notre satisfaction lorsque le Tribunal de Commerce de la Roche-sur-Yon a reconnu l'entière responsabilité du Crédit Lyonnais dans la faillite de notre entreprise. Le Crédit Lyonnais n'a jamais justifié ni défendu son attitude, hormis le fait de vouloir faire condamner Monsieur Courty de détournement de fonds avec la carte bleue et de l'accuser d'être responsable d'avoir mis en péril l'entreprise. Le jour de l'audience leur avocat n'a même pas plaidé !
Nous aurions voulu lui manifester notre révolte lorsque la Cour d'appel de Poitiers a modifié le premier jugement en condamnant Monsieur Courty de détournement de fonds. Lors de l'audience, l'avocat du Crédit Lyonnais à utiliser de nouveau les mêmes arguments qu'en première instance sans apporter d'éléments nouveaux, accusations rejetées lors du premier jugement. Comment le juge a-t-il put prendre une telle décision alors qu'il détenait dans son dossier les preuves contraires ? En nous rendant en partie responsable de la faillite de l'entreprise, la justice a commis une faute grave et lourde de conséquence.
Nous aurions voulu nous plaindre des avantages qu'à pu obtenir de la part de l'Etat le Crédit Lyonnais dans ses difficultés. Cette banque aurait pu au moins reconnaître ses fautes et assumer ses responsabilités quant aux dommages qu'elle nous a occasionnés.
Nous aurions voulu lui faire ressentir notre écœurement lorsque l'Etat nous a lésés en vendant notre maison pour un prix dérisoire, au quart de sa valeur.
Nous aurions voulu l'alerter qu'en procédant à notre expulsion à la fin de ce mois, dans notre situation qui nous exclue de toute possibilité de location, faute de pouvoir se reloger, nous finirions à la rue.
Nous aurions voulu lui faire comprendre que notre activité professionnelle étant saisonnière, nous expulser c'était compromettre notre activité et nous entraîner à nouveau dans la déchéance sociale, au moment où nous pouvions espérer refaire surface.
Nous aurions voulu lui faire partager la frayeur que nous avons eue quand, le 21 avril 2002, jour où nous nous sommes enchaînés à la Mairie de Sallertaine pour dénoncer le drame que nous vivions, le Maire a fait avec l'aide d'une partie de ses conseillers sa propre police, entraînant le public à nous faire vivre ce que l'on a appelé en d'autre temps une ratonnade.
Nous aurions voulu lui avouer notre incompréhension car face à la virulence des propos xénophobes et à la violence physique, le Président de la République a amnistié de tels actes. Actes reconnus par la justice.
Nous aurions voulu lui rendre compte de la gravité de la situation en Vendée. En rencontrant des personnalités du monde politique, de la société civile et des acteurs du monde associatif, nous avons constaté que notre cas n'était pas unique et même si le système vendéen est reconnu, personne n'ose le combattre au risque de déclencher les foudres de la colère du maître des lieux.
Nous aurions voulu l'interroger sur l'attitude de l'Etat face au système vendéen qui n'a plus rien à voir avec les principes républicains dictés par la Constitution. Laisser perdurer une telle situation, c'est mettre en péril la Vème République.
Nous aurions voulu lui raconter les galères qui jalonnent notre histoire car nous nous battons depuis 11 ans pour faire reconnaître notre situation, temps qui a entraîné l'altération de notre santé.
Nous aurions voulu lui dire tant de choses en ce qui concerne le fonctionnement du département vendéen.
Nous aurions voulu lui dire...
Si vous considérez que l'on ne gouverne pas dans la rue, croyez-vous que l'on doit y descendre pour y défendre sa liberté ?
Actuellement on s'interroge sur notre société sur sa forme, il serait temps que l'on réfléchisse sur le fond.
Héros ou martyrs, quitte à ce que notre vie soit détruite, qu'elle le soit pour une bonne raison.
Par la présente, nous vous invitons à découvrir le jardin de Sallertaine, réalisation de la Mairie, le samedi 14 juin 2003 à partir de 11 heures 30, jour de l'inauguration. En cas d'absence, merci de garantir notre sécurité car avec ce que nous avons déjà vécu, nous craignons de nouveaux actes de violence. En assistant à cette cérémonie vous comprendrez ce que veut dire "l'exception vendéenne" avec ses abus de pouvoir et ses déviations qui vont jusqu'à l'exclusion de tout individu qui risque de perturber l'ordre établi.
En espérant vous avoir éclairé sur notre situation,
Nous vous remercions d'avoir pris quelques minutes de votre temps si précieux, nous souhaitons qu'il soit suffisant pour que vous compreniez le drame que nous vivons, situation désespérée et désespérante.
Veuillez agréer, Monsieur Le Premier Ministre, l'expression de nos salutations distinguées.
... et qu'ils pourront tirer, pourront tirer.