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Monsieur Jean-Hervé Courty S.D.F. Quelque part en Vendée Le 29 juillet 2003 Monsieur le Ministre de l'intérieur Monsieur Nicolas Sarkosy Ministère de l'Intérieur Place Beauvau 75008 PARIS Lettre ouverte Monsieur le Ministre de l'Intérieur, En 1992, il avait raison monsieur Morrand, directeur départemental du Crédit Lyonnais de la Vendée. Il me l'avait dit " qu'il me ferait bouffer ma boîte " car lui avait compris le Système vendéen. Et lorsque je lui avais répondu que je ferais un procès, que la justice me donnerait raison, je me souviens encore de sa réponse méprisante m'indiquant " que je finirais à la rue " car il avait aussi compris le Système français. J'aurais dû écouter son conseil quand il m'a suggéré " d'être l'artiste que je méritais d'être car j'en avais le talent plutôt que de vouloir jouer au chef d'entreprise ". Il avait raison car depuis le 1er juillet dernier je suis effectivement S.D.F. Voyez monsieur Louis Guédon, Député Maire des Sables d' Olonnes, qui lors de notre dernière rencontre m'a exprimé son amertume et son soutien, considérant que " cette histoire était allée bien trop loin et que l'on ne pouvait pas faire subir autant de misère à une personne ". Sans vouloir me lamenter sur les conditions humaines d'une expulsion, il faut vivre une telle humiliation pour comprendre toute son horreur. Vous vous retrouvez encore moins bien considéré qu'une bête car la SPA interviendrait certainement pour mauvais traitements d'animaux. A ce jour, je ne suis pas sûr de pouvoir récupérer l'ensemble de mes biens personnels. Voyez Maître Paty, huissier de justice à St Gilles-Croix-de-Vie, mon bourreau. Vous qui êtes plein de compassion pour les victimes de catastrophes naturelles, interrogez-vous sur le sort des victimes de catastrophes humaines. Lorsque vous vous indignez de l'attitude et de la violence de certains citoyens, j'aimerais vous faire partager ma vie en ce moment pour que vous puissiez comprendre la déraison humaine. A force d'endurer trop de mépris, trop d'humiliations parfois la violence prend le pas sur la raison ; état d'esprit impardonnable mais que je justifie maintenant, car il faut subir une telle épreuve pour comprendre. Voyez monsieur Bonnin 1er adjoint à la mairie de Sallertaine, il sait de quoi je parle. Je vous joins un courrier adressé à monsieur Le Premier ministre qui vous permettra de comprendre quelque peu mon histoire, suffisamment pour vous rendre compte que l'Etat me fait vivre un véritable calvaire injustifié. Pour avoir voulu entreprendre, pour avoir créé des emplois, pour avoir innové, pour m'être investi dans le monde associatif, je me suis fait beaucoup d'amis mais malheureusement bien malgré moi, des ennemis aussi. Toute une vie brisée parce que mon fonctionnement venait perturber l'ordre établi. Je ne crie pas à la percussion n'étant pas le premier à subir le Système vendéen. Combien de créateurs ont vu leurs projets détruits et leurs idées récupérées par l'ordre établi ? Comme le dit si bien ma femme " Les Vendéens sont les Rois du copier-coller, problème, ils détruisent toujours l'original ". Voyez monsieur Gilles Bourdouleix, Député Maire de Cholet, il est à même de vous expliquer le Système vendéen, l'Exception vendéenne. Le passé est le passé. Aujourd'hui, c'est plus pour le présent et l'avenir proche que je m'inquiète, car en voulant dénoncer, je n'ai fait qu'attiser la méchanceté de mes ennemis. Je voudrais surtout vous dire que je suis très prudent dans ma conduite automobile et que je n'ai surtout pas l'intention de me suicider, ni dans l'enceinte du Conseil Général, ni ailleurs. Je m'adresse à vous aujourd'hui car il est impératif de mettre de l'ordre dans le fonctionnement du département vendéen qui ne correspond en rien à la conception de l'Etat républicain que vous nous proposez. Lorsqu'un régime à la possibilité d'anéantir ses créateurs dans l'indifférence générale, c'est le reflet d'une société qui tourne le dos à la démocratie. L'évolution est préférable à la révolution. Toutes les guerres finissent par un dialogue, le mieux serait de se parler plutôt que de s'affronter. Il est dangereux pour la République que le seul moyen d'expression soit devenu la violence. Il est grave pour la Démocratie que la solidarité nationale soit sélective. Je vous remercie de l'attention et de l'intérêt que vous saurez porter à cette lettre et que ce soit avec vous, sans vous ou même contre vous, j'irai jusqu'au bout de mon combat car je crois encore en la République. A ceux qui estiment que mon action est utopique, vouée à l'échec face à la puissance de mes ennemis, je réponds que seule l'Histoire me jugera. Je viens de comprendre ce que voulait dire " le combat d'une vie ". Veuillez agréer, Monsieur le Ministre de l' Intérieur, l'expression de mes salutations respectueuses et distinguées.
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